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Une déclaration d'amour à notre Fauteuil Barbican par l'un d'entre vous .

Une déclaration d'amour à notre Fauteuil Barbican par l'un d'entre vous .

Barbican ou l’obscur objet de désir

Celine s'est offert le petit fauteuil Barbican en décembe 2020 .  Elle nous partageait quelques mois apres ce texte incroyable . 

Il est vert et brut. Anglais, vert et brutal, sans demi-teinte.

Seventies et so british. Frénétiquement contemporain.

Il revêt les couleurs d’un pré humide où la lumière matutinale jouerait sur
chaque brin d’herbe afin d’en relever la plus belle nuance, clair-obscur...

Ses lignes ont la verticalité d’un mur en béton, moderne et imposant, et
l’horizontalité d’un rempart de pierres moyenâgeux, rampant et s’alignant sur
les flancs d’une tour, visant l’horizon, toujours.

Barbican est son nom de baptême ; la barbacane, son inspiration. Le
brutalisme de ses lignes rivalise avec la douceur de son velours ras, comme si
une mousse végétale et sauvage avait jailli de la meurtrière d’un mur médiéval
et froid pour en adoucir les contours, les arêtes tranchantes.


Barbican transpire l’urbanisme de La City et la ruralité d’un champ anglais,
assiège un salon ou un bureau, prend toute la place sur un plancher grinçant ou
une moquette tuftée, trône et provoque les sens de l’humain qui perd son regard
sur son velours imprimé et qui finit par caresser son assise, envoûté. Tableau
vivant, lignes convaincantes, optique tranchée, suavité validée.

Car Barbican est un objet où l’on s’assied et s’assagit, passionné. Mais il est
surtout une tache verte et contrastée que l’on se surprend à contempler, de
l’autre côté du salon, du bureau, du canapé. Que l’on désire, hypnotisé.

Un objet, un fauteuil, une philosophie, une nostalgie ; il nous fait glisser vers
des réflexions kantiennes, se montre, s’impose, se vit, s’envie. Puis nous
rêvassons, cartésiens, le regard au-delà du dossier, cherchant à s’évader de cette portion spatiale qu’il occupe, petit en taille, si grand en sens. Il envahit l’espace, assaille nos pensées.

Un fauteuil à la fonction détournée, un siège objet d’art, une décoration,
évinçant tout autre objet osant s’aventurer trop près de lui, remuant ses lignes et
gonflant l’unique rond de son dessin, comme une cible provoquant une
sarbacane.


Vantard et prétentieux, il exhibe la notoriété de ses lignes qui se croisent et se
cassent, labyrinthe d’une chasse au trésor menant au point final du dossier et
dont seule la créatrice détient le secret.

Barbican a une personnalité forte, et avant même d’imaginer y poser les
fesses, les pieds, ses pensées, il soutiendra le regard et maintiendra la distance,
se laissera convoiter. Incarnation du désir du toucher, attisement de la curiosité
de l’œil.

Quand un fauteuil vous ouvre la porte des idées, il devient un concept.
Et un concept n’est pas aisé à placer dans un salon, un bureau ou devant un
canapé... Il EST le salon, le bureau ou la vue du canapé...

Céline Le Her, 9 février 2021